La Réunion de tous les extrémismes

A la Réunion, l’insularité, la vie en vase clos et l’absence de presse libre nourrissent les extrémismes. Passionnels ils se déclinent selon les intérêts, environnements et vécus de chacun.

Le communisme des politiques

Qu’on soit d’accord ou pas, c’est un fait: il n’y a pas de politique économique à la Réunion. Rien n’est fait pour développer l’économie et donc l’emploi. En conséquence on se retrouve avec du chômage de masse, de la pauvreté généralisée et des emplois pour la plupart publics ou semblant privés, mais en fait payés par le public (associations et entreprises vivant des subventions et des marchés des collectivités). De fait, la majorité des richesses est contrôlée par une petite caste politique et qui ose s’en émouvoir sera insulté, violenté et banni. C’est donc du communisme. La dictature.

Le capitalisme des monopoles

Par ailleurs, seulement quelques dizaines de familles détiennent les grandes entreprises réunionnaises. Riches et puissantes, elles ont moyen de fortement limiter la concurrence jusqu’à arroser des juges pour dépouiller des PME innovantes. Ce qui freine le développement économique de la Réunion et la création d’emplois. S’entendant entre elles (sur les prix dans la grande distribution par exemple), ces grandes entreprises ont alors toute largesse pour pratiquer des monopoles ou des oligopoles. Ce qui génère de la vie chère pour tous et de la pauvreté. C’est donc du capitalisme, c’est-à-dire l’accumulation d’un maximum de profits aux dépens de toute autre considération, comme celle du peuple.

Le racisme des laissés-pour-compte

Et dans ce peuple, il y en a 75% sous le seuil de pauvreté. Certains devenant aigris cherchent des boucs émissaires. Le premier d’entre-eux étant l’étranger. Ce qui explique le score à la Réunion de Marine le Pen (populaire chez les indépendantistes et leur version jeune et « rescapée »), malgré le fait qu’il s’agisse d’un département d’outre-mer très métissé. Car la crise rend fou. La crise rend raciste et on accable alors les récents immigrés comme les Mahorais et les Comoriens. Mais aussi les zorèy, énième paradoxe des frontistes à la fois favorables à la préférence nationale et à la préférence régionale. Allez comprendre…

L’ethnocentrisme des trop fiers

En outre certains ont développé une si grande « fierté régionale », qu’ils prennent toute critique de la société réunionnaise et de leurs dirigeants comme une critique personnelle et douloureuse. Ainsi dire qu’il faut combattre l’illettrisme passera pour colonialiste pour les uns. Et révéler les fraudes électorales et la corruption passera pour fasciste pour les autres. Est-ce à dire que les associations militant contre les violences intrafamiliales sont pétainistes ? Que les mouvements pro-Droits de l’Homme sont d’extrême-droite ? Étranges raisonnements… Des logiques qu’on ne retrouve d’ailleurs que dans les sociétés en dictature… où les démocrates ont encaissé toutes sortes de caricatures et d’agressions, avant d’enfin prendre le pouvoir et rétablir la démocratie source de progrès collectif et de libertés individuelles.

Ainsi donc on a une partie de la population se plaignant de tout, tout en refusant les solutions équitables parce que venant d’ailleurs. Forcément, puisqu’elles n’ont pas encore été expérimentées par les dirigeants locaux. En revanche, vous ne trouverez jamais personne pour vous dire que la voiture et les vêtements de marque occidentaux sont un danger pour l’identité créole…

Les aveugles

Enfin, il y a les aveugles. Ceux qui ne voient pas la colère sociale monter, parce qu’ils ne s’informent pas (la presse locale ne les aide pas, c’est certain). Ou parce qu’ils vivent bien et ne rencontrent jamais les populations en précarité, pourtant largement majoritaires dans l’île. Ou bien parce qu’ils sont de doux rêveurs, parfois bobo-écolos et croient en la capacité des problèmes à se résoudre d’eux-mêmes comme par magie… Ou encore qu’ils pensent sincèrement que les politiques réunionnais trouveront les solutions, alors que ces derniers n’en veulent manifestement pas, la pauvreté garantissant leur élection.

Tic Tac… Tic Tac…

Alors les solutions étant interdites, la fin est proche ? Le chaos imminent ? Reste-t-il une place pour la raison dans tout ce « fénoir » ? Laisse-t-on la moindre marge pour la démocratie ? Des Indignés se battent pour ça. Ils organisent la Résistance, malgré le black-out médiatique et les violences politiques. Si la population les suit, ils réussiront. Vous avez donc le pouvoir de sauver la Réunion et d’arrêter ce chaos qui se prépare. Mais d’ici là, pensez à économiser de quoi vous acheter un billet d’avion. Sait-on jamais…

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