50 députés demandent l’indépendance de la Réunion

Emmanuel Macron Manuel Valls 1

Le projet de loi Macron 2 pour moderniser la France n’est pas encore examiné par l’Assemblée Nationale qu’il fait déjà parler de lui. Un collectif de cinquante députés proposent dans un article de loi l’indépendance de la Réunion. De tous bords politiques confondus, ces parlementaires cherchent à économiser de l’argent public afin de réduire le déficit de la France et sa dette.

Le député PS René Dosière, spécialiste des questions de dépense publique, explique cette proposition ainsi : « 1,5 milliard d’euros par an pour le Département, 1 milliard annuel pour la Région, 3 milliards de fonds européens, pour quel résultat ? Le chômage et la pauvreté augmentent tous les jours, les élus réunionnais gaspillent et volent les deniers publics. Sans parler des dotations de l’Etat aux communes. La Réunion est un gouffre financier pour la République. Il est temps que la gabegie des tropiques cesse. »

Thierry Mariani 1

De son côté Thierry Mariani député UMP est plus véhément : « On a encore vu aux Départementales les électeurs réunionnais remettre en selle les mêmes dirigeants qui les conduisent à la catastrophe. D’ailleurs ce n’est pas la vraie UMP, ce sont des imposteurs communistes ! Quant aux abstentionnistes, même s’ils sont majoritaires à la Réunion ils ne sont pas assez murs mentalement pour exiger de vraies élections démocratiques et une nouvelle classe politique. C’est donc à nous députés de France de prendre la décision pour eux. En leur coupant les vannes, en les mettant au pied du mur. »

Pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, il convient au préalable de demander à la population concernée (les Réunionnais) si elle souhaite son indépendance. C’est le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, droit consacré dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et repris dans la Constitution Française. En cas de refus l’expert en Droit constitutionnel n’exclut pas une alternative : « Si les députés réussissaient à dégager une majorité à l’Assemblée, ils pourraient très bien exiger une baisse drastique des fonds alloués à la Réunion. Situation qui provoquerait de facto le chaos dans l’île par l’impossibilité des élus locaux de répondre aux besoins de la population. Il en découlerait des émeutes et un débat public sur la gestion de la Réunion, sa classe politique et son avenir institutionnel. »

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