Municipales : les prémices d’une guerre civile ?

Fred Hoarau 1

Le 1er tour des Municipales a vu 10 maires sortants se faire réélire. Ceux-ci ont confirmé leur capacité à contrôler des masses d’électeurs pour assurer leur maintien au pouvoir dans la durée. La dictature.

Les autres maires iront au 2nd tour parce qu’ils ont eu face à eux des candidats soutenus par d’autres élus au pouvoir. Ce qui n’avait finalement rien de nouveau dans l’histoire politique réunionnaise, faite de luttes entre petits dictateurs des tropiques, usant des finances publiques et personnelles pour acheter en nombre les électeurs les plus pauvres. Des pratiques punies par la loi française faut-il le rappeler.

Prison 1

La nouveauté est ailleurs…

Ceci étant dit, on a vu dans plusieurs villes des listes hors-système percer, réunir chacune des milliers de voix et parfois dépasser les 10%. C’est-à-dire des candidats qui ont mobilisé par leur seule parole, sans passer par l’arsenal habituel des contrats aidés, des aides du CCAS de la mairie, des billets remis directement aux électeurs, de l’alcool… Ils ont engrangé de grandes quantités de suffrages uniquement grâce à leur programme et leur personnalité. Ces listes n’utilisant pas de moyens antidémocratiques ont évidemment plus de légitimité que la plupart des maires réélus dimanche soir…

Alors certes les scores de ces candidats ne leur suffisent pas à remplacer les dictateurs, ce qui pose la question de l’utilité de leur participation à ces élections pliées d’avance. Mais cette nouvelle donne révèle une frange de Réunionnais qui s’émancipe de la dictature réunionnaise, qui apprend à voter librement en fonction des idées au lieu de se laisser corrompre par le ponctuel dépannage d’un élu.

argent 1

La Réunion coupée en deux…

Ces électeurs libres cumulés aux abstentionnistes représentent plus de la moitié des Réunionnais. Ce qui revient à dire que les dictateurs n’arrivent plus à acheter la majorité de la Réunion. Désormais ils sont minoritaires même tous unis, même avec tous leurs esclaves. Cette évolution s’explique par la croissance démographique qui va plus vite que l’augmentation des achats de voix, très dépendants des finances publiques bien sûr pas extensibles à l’infini.

La Nouvelle Réunion proche du million d’habitants et de plus en plus éduquée se reconnaît de moins en moins en ces élus du passé, qui bégayent et peinent à sortir deux mots de français… Si demain la crise devenait plus insupportable on devine que c’est cette Réunion-là, faite de citoyens abstentionnistes éclairés et de politiques indépendants intègres, qui mènerait la contestation à son paroxysme. Une mutation démocratique de la société réunionnaise dangereuse pour les dictateurs au pouvoir. Les prémices de leur future destitution, pour eux qui n’ont pas su convaincre les esprits les plus brillants et les plus honnêtes de l’île de les rejoindre. Le clash de deux Réunion se profile à l’horizon. Plus que jamais la crise économique et sociale annonce cette crise politique et de société avec le risque de guerre civile…


Publicités