Comment la dette de la France peut tuer la Réunion…

Dette de la France 1

La dette publique de la France augmente chaque jour et approche les 2 000 milliards d’euros. Ce record paraît bien abstrait et lointain pour nombre de Réunionnais. Mais ce problème national peut avoir des conséquences catastrophiques à la Réunion, dangereusement dépendante de l’Etat Français.

Dette, taux d’intérêt et austérité

Au fur et à mesure que la dette de la France augmente, la défiance de ses créanciers sur les marchés financiers augmente de même. En voyant les déficits du budget de l’Etat grossir chaque année sa dette publique, les prêteurs se disent que la France n’est pas responsable et devient un placement risqué. C’est pourquoi ils monteront le taux d’intérêt auquel ils prêtent leur argent à notre Etat, comme dans d’autres pays d’Europe. Ce qui fera croître le montant des remboursements, donc de la dette. Ces dépenses de remboursement croissant, la France devra faire des choix: réduire et/ou arrêter d’autres dépenses…

La Réunion sous perfusion

Notre île bénéficie de nombreuses aides exceptionnelles de l’Etat. Ce sont des dérogations outre-mer qu’on ne trouve pas en métropole. La défiscalisation dans l’immobilier rend la construction avantageuse, pousse les ménages à investir dans la pierre et donne du travail au BTP. Les exonérations fiscales (d’impôts sur les entreprises) et sociales (de cotisations de sécurité sociale sur les salaires) permettent à nos entreprises de se créer et de se développer. Ces entreprises par ces aides créent des emplois. D’autre part la surrémunération des fonctionnaires octroie du pouvoir d’achat supplémentaire et bénéficie aux entreprises locales donc aux emplois locaux. Enfin les budgets des collectivités locales (communes, Département, Région, fonds européens, etc.) sont financés par l’Etat et permettent de soutenir l’économie, nos emplois et la consommation des défavorisés, donc la production locale, donc l’emploi local.

La fin de la récréation

Alors quand la France devra mener des coupes budgétaires pour économiser et rembourser sa dette parce que les taux d’intérêt seront montés, où regardera-t-elle en premier ? Les aides d’exception et quoi de plus exceptionnel que les faveurs accordées à la Réunion ? Rien. Nous serons donc les premières victimes de la crise de la dette en France. En taxant plus nos entreprises, en supprimant la surrémunération des fonctionnaires, en restreignant les budgets des collectivités, nous allons connaître rapidement l’abîme. Car des entreprises licencieront, d’autres fermeront, celles qui auraient pu se créer par les aides ne se créeront pas, la consommation reculera, donc la production locale également, donc l’emploi local aussi. C’est tout un cercle vicieux qui s’enclenchera et enverra la Réunion dans le mur, avec des taux de chômage et de pauvreté encore jamais connus. Alors que la situation actuelle est déjà très tendue…

Emeutes 1

L’urgence du développement

Cette nouvelle crise à venir révèle la dangerosité du modèle réunionnais. Basé sur le soutien artificiel de l’Etat, notre modèle tombe automatiquement quand sa base se rétrécit, c’est-à-dire les finances de l’Etat. Il nous faut donc utiliser ces aides de la France pour développer notre île tant qu’il est encore temps, au lieu de s’en contenter pour consommer des importations produites ailleurs. Nous devons en user pour investir et construire une grande économie qui survivra aux coupes budgétaires publiques, parce que nous aurons créé suffisamment d’emplois et économisé assez de budget social (moins de chômeurs = économies d’aides sociales) pour tenir le choc. C’est ce qui s’est passé avec les pays émergents dont l’aide internationale s’est progressivement réduite. Aucune raison que la Réunion ne puisse pas en faire autant. Cela ne dépend que d’elle, de ses dirigeants. Mais nos politiques ont-ils intérêt à ce développement quand leur élection et réélection se réalisent grâce à la pauvreté et au chômage ?…

Manipulation 2

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