Le RSTA enterre les élus

Ce 28 juillet nous avons assisté à l’une des plus grandes humiliations de la classe politique réunionnaise. Alors que tous les partis avaient appelé à manifester au Barachois autour de Samuel Mouen défenseur du RSTA, seules 300 personnes répondaient présent au moment du discours de l’associatif. Enorme flop pour des élus qui se targuent régulièrement de représenter les Réunionnais et qui avaient affiché l’ambition de ramener 10 000 manifestants. Situation ubuesque qui mérite qu’on en tire quelques leçons.

Leçon n°1 : Les « élus » ne sont pas des élus

Ce dimanche on a entendu des manifestants avouer qu’ils étaient là juste parce qu’on les avait forcés. Tenus en laisse par des emplois précaires dans le public, les travailleurs n’ont pas pu refuser quand leurs patrons politiques leur ont demandé de venir au Barachois. C’est ce qu’on appelle de la dictature communiste, que même la Droite locale pratique… Les autres sont venus parce qu’on leur a offert un repas, des billets ou une bouteille… Tant de publicité sur les médias, tant de bus affrétés pour faire monter toute la Réunion à Saint-Denis, pour un résultat aussi minable… Cela consacre le décalage profond entre les Réunionnais et leur classe politique qui n’est clairement plus représentative.

Leçon n°2 : Elu et révolutionnaire ne riment pas ensemble

Et parmi les « élus », celui qui se sera le plus ridiculisé est évidemment Thierry Robert. Présent dès les premiers jours pour soutenir le gréviste de la faim, il avait ensuite appelé à la mobilisation générale, poussant les autres partis à faire de même devant le risque de révolution « robertiste ». Mais la récupération de l’illuminé de Saint-Leu n’a pas fonctionné et il passe maintenant pour un sacré clown… Lui qui comptait sur les nombreux gens vociférant à sa gloire à la radio et sur le web a dû être terriblement déçu. Si bon stratège il est pour se faire élire, mauvais il devient pour mobiliser sur le terrain. Car le maire de Saint-Leu n’a pas compris que les mêmes qui adorent ses gesticulations sans intérêt sont les mêmes qui restent assis chez eux à écouter radio Freedom et regarder la TV… Après sa mise à genoux par le préfet fin 2012 et l’échec de sa mobilisation contre « la colonisation moderne » en mars 2013, il est désormais plus discrédité que jamais et peut faire une croix sur ses rêves de roi de la République bananière de la Réunion.

Thierry Robert 2

Leçon n°3 : Les Réunionnais évoluent

Heureusement il reste des Réunionnais conscients de toute cette connerie ambiante chez nos politiciens et surtout de leur vice… Ils ne les croient plus. Ils voient bien que chez ces professionnels de l’agitation, les idées manquent cruellement. De plus en plus de Réunionnais ne veulent plus de mendiants comme représentants – le RSTA est une énième demande d’aumône à l’Etat -. Ils veulent des hommes sérieux, des hommes de projets, des hommes d’idées. Ils veulent une équipe capable de leur construire un avenir durable et prospère et non plus des dictateurs à la petite semaine, les achetant au moment des élections à coups de contrats aidés de 6 mois et de fêtes arrosées. Les Réunionnais au contact de la modernité (Ecole républicaine, web d’information, retour d’expatriés, …) s’éduquent. Les Réunionnais évoluent.

Leçon n°4 : Un homme sans intérêt peut attirer les médias

Si le combat de Samuel Mouen était perdu d’avance (l’Etat en crise ne peut plus se permettre de largesses comme le RSTA), il a quand même gagné la bataille de la communication. Longtemps moqué parce que ne rassemblant personne, il a réussi à braquer les caméras sur lui. Il n’a pas plus de militants aujourd’hui, mais a gagné une respectabilité du seul fait de la médiatisation de son honorable détermination.

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Question : Les médias réunionnais sont-ils tous verrouillés ?

Mais s’il avait milité pour des élections libres, contre la corruption et pour un projet de développement aurait-il suscité autant d’intérêt ? La question reste entière quand on sait les liens étroits entre presse locale et classe politique. Ceux qui veulent changer la Réunion devront y réfléchir avant de se lancer. Car les politiques ne veulent pas de ce progrès et sont très bien placés au sein des rédactions réunionnaises… Le tacticien qui trouvera la réponse à cette problématique de stratégie sera pour la Réunion l’équivalent de ce que Sarda Garriga a été pour les esclaves, de ce que de Gaulle reste pour les Français: leur libérateur.

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