Un plan pour faire chuter les prix et titulariser les précaires

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Problème quotidien des Réunionnais, la vie chère appauvrit nombre de nos concitoyens et conduit à des manifestations voire des émeutes. Ce n’est pas pour autant que les politiques de la Réunion en cherchent la solution. Idem pour la forte précarisation des fonctionnaires, dont plus de 80% ne sont pas titulaires. C’est à se demander à quoi servent nos « élus ». Heureusement qu’il reste des forces de proposition, de l’intelligence. Le mouvement Ensemble a construit un plan pour résoudre ces deux questions.

Eric Beeharry, comment lutter contre la vie chère ?

Pour vaincre la vie chère, on doit regarder ses causes que sont les monopoles, la dépendance aux produits métropolitains et l’octroi de mer. Pour la concurrence, il faut enfin donner le pouvoir à l’Autorité de la Concurrence d’obliger les monopoles à vendre une partie de leurs actifs. Ainsi au lieu de voir quelques groupes de grande distribution s’entendre sur les prix, on aura toute une série d’acteurs se livrant à une bataille des prix pour attirer le client. Des règles anti-trust banales dans le monde libre qu’il suffit de décliner chez nous. Par ailleurs diversifions nos approvisionnements trop souvent venus d’Europe. Nous avons à proximité des pays produisant des biens de même qualité pour moins cher, comme l’Australie et l’Afrique du Sud. On doit en profiter. Les créateurs d’entreprise dans l’importation et la distribution, mais aussi dans la production locale seront soutenus par notre fonds pour la création d’entreprise.

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Quid de l’octroi de mer ?

Ce dernier représente 380 millions d’euros de recettes pour les collectivités réunionnaises. Pour le dissoudre, il faut donc réduire les dépenses de ces collectivités. Le plus gros poste de dépenses est la masse salariale et on sait que les collectivités de la Réunion emploient deux fois plus de travailleurs qu’en métropole, dont beaucoup d’emplois fictifs à but électoraliste de l’aveu même des syndicats. Nous avons donc établi un plan de réduction des effectifs, économisant près de 200 millions d’euros par an, en ne remplaçant pas les départs à la retraite. Ces 200 millions économisés pourront effacer l’octroi de mer sur la production locale et les biens importés ne concurrençant pas nos produits. L’octroi de mer restant (180 millions €) sera maintenu sur l’importation de biens concurrençant notre production locale, afin de la protéger. Ainsi les prix chuteront, car les importateurs et commerçants utilisent cet octroi de mer comme prétexte pour gonfler les prix et surmarger sur le dos des consommateurs qui souvent ignorent les taux.

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Vos détracteurs diront que ce plan va supprimer des emplois. Que répondez-vous à ça ?

Que l’avenir de l’emploi ne se trouve pas dans la fonction publique, mais dans l’économie libre. On a aujourd’hui plus de chômeurs (135 000) que de travailleurs dans le privé (130 000). Vu de l’extérieur ça paraît incroyable. Il faut dynamiser l’économie et créer les conditions de son développement pour tendre vers le plein emploi. D’autre part l’allocation universelle permettra de reprendre les actuels contrats aidés des collectivités, via les associations financées par l’allocation universelle et augmentera même leur paye. Ce qui dépolitisera ces contrats aidés, les associations et les pérennisera.

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Votre plan révèle que 100 000 voix sont dépendantes des « élus ». Qu’en déduire ? Dictature ?

En effet on a mis en lumière 25 000 contrats dont le renouvellement dépend de l’élu de tutelle. Cela place donc le travailleur dans l’obligation de voter pour son « patron » aux élections. En ajoutant les proches qui ont intérêt à ce renouvellement (conjoint, famille, amis), on atteint au bas mot les 100 000 voix. Soit le tiers des suffrages exprimés qui sont directement dépendants des élus en place, uniquement à cause de la précarité des emplois dans le public (80%). Il n’y a qu’à la Réunion qu’on voit ça. Dans le reste de la France, le taux de précaires ne dépasse pas les 20%. On peut donc en effet parler de dictature, sans même évoquer les autres formes de fraude électorale (distribution d’argent, réglement de factures, bourrage des urnes, etc.). Par conséquent notre plan de titularisation est une aide à la démocratie.

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