Les politiques sont nos requins

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Un nouveau drame est survenu il y a quelques jours. Un surfeur s’est fait attaquer par un requin et en est mort. Une fois de plus. Une fois de trop. A qui le tour ? Car ce n’est pas la première fois. Depuis deux ans les événements de ce type se sont multipliés: 12 dont 4 mortels. Cette augmentation du danger n’a rien à voir avec une prise de risque des usagers. L’an dernier suite au décès d’Alexandre Rassiga, nous avions fait le tour de la question. Nous avions donné les explications et les solutions. Que s’est-il passé depuis ?

Le fond du problème

Parmi ces explications, nous avions évoqué la ferme aquacole de Saint-Paul. Située à proximité de la zone balnéaire, elle cultivait du poisson et bien sûr attirait les squales. Grâce à la pression citoyenne, cette ferme a été fermée fin 2012. Une bonne chose de faite.

Mais il reste encore la réserve marine. Celle-ci étant protégée, la pêche y est interdite. Ce qui crée un formidable garde-manger pour les requins qui de plus ne seront jamais inquiétés par les pêcheurs. Le paradis du squale. Se trouvant à côté de la zone balnéaire, les requins n’ont pas à aller bien loin pour varier leur alimentation avec des humains. Toujours en activité, cette réserve n’a donc pas subi le même sort que la ferme aquacole, ni même été soumise à débat public en vue d’un éventuel déplacement loin des activités humaines. La réserve marine contribue donc à la surpopulation de requins depuis plus de deux ans et cela sans aucune espèce de remise en cause. Etrange. Peut-être parce que des politiques y perçoivent des rémunérations en tant qu’administrateurs… Corruption quand tu nous tiens.

Nous avions également parlé des rejets de déchets en mer. Passant par les ravines des villes, ces déchets (entre autres les eaux usées des habitants) se dirigent en mer et vont polluer les zones de baignade et d’activités nautiques. Il se trouve que ces déchets attirent les requins. Alors qu’a-t-on fait pour y remédier ? Rien. Les maires dont c’est la responsabilité n’ont absolument rien fait (pas de surprise, c’est pareil sur tous les sujets). D’ailleurs n’a-t-on pas observé un bébé requin dans une ravine de Saint-Leu il y a quelques mois ? Thierry Robert serait bien inspiré de s’en occuper, au lieu de s’agiter tel un clown inutile.

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Le temps que ces causes soient traitées, il faudra prélever les requins bouledogues sédentarisés sur la côte Ouest. Certains scientifiques évoquent le nombre de 150. Ce qui est beaucoup plus qu’avant l’installation de la réserve marine. Cette pêche régulatrice de requins ne pourra donc pas être évitée, n’en déplaise aux fans de cette espèce qui n’est d’ailleurs pas en voie de disparition, ni protégée.

C’est écrit

Mais les politiques et les autorités ont déjà été alertés moult fois. Ils n’ont toujours pas pris toutes les décisions qui s’imposaient. Cet autisme est démentiel. Déjà très remontés par les morts, les blessures, la chute d’activité économique et les pertes d’emploi, les acteurs de la mer sont à bout. Que se passera-t-il demain si un enfant est dévoré en bord de mer ? C’est toute la société qui se sentira concernée et qui emboîtera le pas à la communauté de la mer, dont une bonne partie a rejoint le mouvement Ensemble.

Interrogé, Eric Beeharry a été laconique : « Que voulez-vous que je vous dise ? Tout a été dit sur le sujet. On sait les causes. On sait les solutions. Les politiques de la Réunion ne font rien, sont des incapables notoires et en plus illégitimes. La population doit donc en tirer toutes les conclusions. »

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Nos précédents articles : Tribune d’Eric Beeharry et Idiocracy.

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