Profil du parfait révolutionnaire

Dans notre île, les conflits sociaux sont fréquents et concernent toutes les catégories. Parfois même il arrive des émeutes violentes. La vie chère, le chômage de masse, les mauvaises conditions de travail, des entreprises en souffrance, les maux ne manquent pas à la Réunion et révèlent un malaise profond dans notre société. Dès lors on comprend que si des solutions globales ne sont pas vite trouvées, au lieu des mesurettes visant juste à acheter une paix sociale limitée dans le temps, le chaos est imminent.

Mais un choc historique est-il forcément négatif ? Quand on évoque la révolution, il nous vient à l’esprit la violence, le désordre, le communisme, le fascisme et toutes sortes de notions peu attractives et encore moins consensuelles. Pour autant une révolution à la Réunion serait légitime, puisque les élections sont fraudées. Il devient alors intéressant et même vital d’identifier les conditions pour transformer ce choc historique en changement positif pour tous. Alors quel est donc le profil du parfait révolutionnaire ?…

Libre et international

Libéré de toute pression financière, le leader de la révolution ne doit pas être instrumentalisé ou soumis par des intérêts économiques. On pense évidemment à certaines grandes entreprises, des monopoles faisant la vie chère aux Réunionnais. Mais pas seulement.

Un révolutionnaire ayant longtemps vécu hors de l’île serait pertinent. Riche d’un vécu et d’apprentissages extérieurs, il aurait assez de recul, l’oeil objectif pour analyser la situation réunionnaise avec justesse. Des soutiens et des amitiés noués en métropole et ailleurs pourront aussi l’aider dans son entreprise… à sortir la Réunion du fénoir. De plus son expérience internationale démontrera ses capacités et donnera confiance à la population réunionnaise, mais aussi aux partenaires privilégiés que sont l’Etat Français, l’Union Européenne et les investisseurs étrangers apporteurs de nouvelles richesses créatrices d’emplois.

Intelligent, éduqué et rassembleur

En conséquence, le meneur du changement doit impérativement avoir des idées. Sinon il serait vite caricaturé en idiot inutile. Fort de solutions pour les grands problèmes de la Réunion, il pourra alors rassembler toute la société autour de lui. Ce qui suppose un minimum d’éducation et d’intelligence.

La capacité de rassemblement est donc cruciale pour réussir. C’est pourquoi notre rassembleur doit être épuré de tout sectarisme: racisme, fascisme, anticapitalisme, intégrisme religieux, tout ce genre de dérives extrémistes doit être banni chez le leader et dans son équipe. De fait un métis laïc et centriste serait l’idéal. Fréquentant à la fois bourgeois et classes populaires, métropolitains et créoles, croyants et athées, entrepreneurs et syndicalistes, il serait apte à les comprendre tous pour mieux les fédérer.

Indignados 1

Fin connaisseur de l’économie et de la politique locales

Par conséquent il doit être conscient des enjeux économiques pour comprendre que l’indépendance n’est pas la solution, la Réunion n’étant pas encore assez développée pour se passer des finances de France et d’Europe. Son grand volontarisme et sa rébellion ne doivent donc pas se traduire par un indépendantisme dangereux, ni une opposition aveugle contre tous les pouvoirs sans distinction (comme l’Etat), mais juste ceux de la Réunion. C’est-à-dire les élus de l’île fraudant les élections et empêchant le plein emploi, les grands monopoles faisant la vie chère et la presse réunionnaise complice de leurs agissements.

Ce qui implique que le révolutionnaire doit maîtriser les coulisses de la Réunion que le grand public ignore. Comme les mécanismes de marges abusives sur les prix, de corruption des institutions locales et de fraudes électorales. Qu’il connaisse personnellement les rédacteurs en chef, les grands patrons et les politiques serait même un avantage. Car plus on connaît un système, plus on est efficace et crédible dans sa critique. Conscient de ces fléaux, il doit alors être en mesure de proposer des solutions démocratisant la Réunion, tant au niveau économique que politique. Pour aboutir au plein emploi et à des élections libres.

Jeune, moderne et pacifique

Aussi, le parfait révolutionnaire doit être suffisamment jeune pour renouveler la société avec de nouvelles idées et amener de nouvelles personnalités, du sang neuf aux responsabilités. Et en même temps, il doit disposer d’assez de maturité pour entraîner des foules derrière lui et les gérer le moment venu en prenant les bonnes décisions. Ce qui suppose un âge allant de 25 à 40 ans.

Pragmatique dans l’absolu, le révolutionnaire doit adopter l’écologie devenue aujourd’hui la cause fédératrice et universelle du 21ème siècle. Ce qui l’aidera à rassembler et conforter son image de visionnaire, le développement durable passant nécessairement par une croissance plus verte.

Enfin le leader révolutionnaire doit être pacifique. Car la violence pourrait salir son engagement et reléguer au second plan sa noble cause. De plus, les expériences du Printemps Arabe et des révolutions colorées en Europe de l’Est et en Asie centrale montrent que les révolutions ont toujours mieux réussi dans la paix que dans la guerre. Au tempérament non-violent assumé, le leader y gagnera une aura de responsabilité et de respectabilité: un homme d’Etat. Caractéristique nécessaire pour passer de la rue aux palais…

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