Le CRE créera 25 000 emplois

Alors que l’actualité de la rentrée s’agite autour des contrats aidés, le mouvement citoyen Ensemble formule une proposition pour créer des milliers d’emplois: le CRE. Nous avons voulu en savoir plus, en interrogeant le créateur de cette idée: Eric Beeharry.

Qu’est-ce que le CRE ? En quoi cela consiste exactement ?

Le CRE est le Contrat Relance Emploi. Il s’agit de reprendre les dispositifs existants de l’alternance (contrats de professionnalisation et d’apprentissage) et de les coupler avec le RSA. Concrètement, on reverse ce RSA (467 € mensuels) aux entreprises pratiquant le CRE. Ce qui réduira fortement le coût de l’alternance et les incitera à prendre des personnels en formation.

Un énième cadeau aux entreprises donc ?

Non, puisqu’en échange l’entreprise s’engagera à recruter en CDI 1 personne sur 2 au bout de la formation d’un an. C’est un « deal » qu’elle passera avec le Conseil Général, financeur du RSA.

Alors un coût supplémentaire pour la collectivité ?

Absolument pas. Car la majorité des bénéficiaires du RSA sont de longue durée. Ce qui veut dire que CRE ou pas, ces personnes restent une dépense pour le Conseil Général. Or en développant le CRE, le Conseil Général verra 1 bénéficiaire du RSA sur 2 sortir de ses comptes pour rejoindre l’emploi durable. Au final c’est donc un coût social en moins: une économie de centaines de millions d’€.

Mais l’entreprise arrivera-t-elle à encaisser financièrement le passage en CDI ?

A l’issue de la formation, l’entreprise passera de 2 CRE à 1 CDI. Ca relativise cette hausse de la masse salariale. Par ailleurs les entreprises de moins de 11 salariés, qui sont la majorité de nos entreprises, ne payent pas de cotisations sociales. Idem pour toutes les autres concernant les emplois payés moins de 1,4 SMIC. Il n’y a donc pas de crainte non plus de ce côté-là. De plus on sait que les entreprises de la Réunion manquent de sens commercial et de bonne gestion. En intégrant donc des commerciaux et des comptables qualifiés durant le CRE, elles n’auront aucun mal à rentabiliser ces recrutements en CDI. Car elles auront déjà compensé cette hausse de paye par un gain en chiffre d’affaires et une économie sur les coûts d’exploitation. Ce qui à terme est générateur de croissance et donc de nouveaux emplois.

Alors tout le monde y gagne. La solution-miracle ?

C’est du gagnant-gagnant. Car on soutient l’entreprise le temps de la formation pour qu’elle embauche définitivement et en parallèle le Conseil Général verra ses dépenses sociales allégées. Le Département pourra alors consacrer ces nouvelles économies à d’autres publics, comme les personnes âgées et les handicapés par exemple. Quant à l’ex-bénéficiaire du RSA, il envisagera enfin l’avenir plus sereinement.

Avez-vous chiffré l’impact en créations d’emploi ?

Avec 10 000 personnes en CRE par an (la Réunion compte près de 80 000 bénéficiaires du RSA), le dispositif créera au minimum 5 000 emplois par an. Sur 5 ans, le CRE créera donc 25 000 emplois.

Quid des non-bénéficiaires du RSA ?

Les autres bénéficiaires de minima sociaux (comme les actuels manifestants pour les contrats aidés par exemple) peuvent éventuellement prétendre au CRE aussi, si leur financeur accepte de jouer le jeu. Ca ne dépend donc que de la volonté des décideurs.

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