Un surfeur pleure son amour pour la Réunion

La crise des requins fait encore parler. Car si le gouvernement a pris des décisions importantes, il y a quand même eu entre-temps une nouvelle attaque qui a déchaîné les passions. Ainsi pro-requins et anti-requins s’envoient des insultes, voire pire. En oubliant souvent le fond du problème: la responsabilité des politiques de la Réunion qui eux ne sont ni surfeurs, ni d’une ethnie précise, mais un peu requins…

Voici le témoignage d’un surfeur désabusé. Lui n’est pas dans ces polémiques stériles. Il a voulu éclairer, aider et construire. Mais aujourd’hui il est à bout…

« Je rentre de Mafate et ce cirque – une merveille à nulle autre pareille – est une véritable POUBELLE à ciel ouvert, tout comme ses îlets. Un papier cul souillé tous les mètres tout le long de la canalisation des Orangers, des papiers gras divers et variés, tampons hygiéniques, bouteilles plastiques, etc.: partout. Je suis sûr que les surfeurs sont dans le coup. Ce sont d’ailleurs eux qui ont crâmé le Maïdo, pas vrai ?

On voit donc que la bonne conscience écologique et l’indignation sont à géométrie variable à la Réunion. Les cochons qui jettent tout par les fenêtres de leurs grosses bagnoles diesel ultra-polluantes sont sans doute les mêmes qui considèrent qu’il faut laisser les requins bouledogues dévorer les surfeurs.

D’un côté des requins tueurs emblème à deux centimes de la biodiversité à protéger, de l’autre une nature outragée pour de vrai qu’on feint de ne pas voir.

Voilà qui donne envie d’aller voir ailleurs, définitivement, malgré tout l’amour porté à cette île et à ses habitants que je pensais plus solidaires… Quelle tristesse, quelle déception…

Je pense vraiment que cette crise aura révélé que l’île Bisounours, modèle de vivre-ensemble etc. est un mirage, une vaste escroquerie commerciale. J’ai toujours oeuvré bénévolement en faveur de la culture créole que j’adore (musique en ce qui me concerne). Je tâche de kozer un créole décent avec les gens (je trouve essentiel pour s’intégrer de parler local même si le zorèy n’est pas censé parler kréol pour beaucoup) etc. et aujourd’hui je constate simplement que nous sommes indésirables. J’ai les boulasses, jamais je n’aurais cru vivre un tel scénario catastrophe ici. J’espère me tromper. »

Tout le monde sur Facebook (réseau social où a été posté ce message) lui a répondu que bien sûr il se trompait. Qu’il avait tort de se fier aux quelques cris irrationnels de certains désinformés. Mais comme toujours, ce sont les plus extrémistes que l’on retient. Les plus blessants.

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