Rentrée scolaire repoussée : ce qu’on ne vous dit pas…

Depuis quelques jours, l’Association des maires de la Réunion menace l’Etat de suspendre la prochaine rentrée scolaire. Censé avoir lieu le 16 août, le retour à l’école des enfants serait donc empêché par cette décision unilatérale des maires, qui ont la charge des écoles primaires.

Les contrats aidés

En cause : le gouvernement Ayrault qui veut supprimer la moitié des contrats aidés à la Réunion. Ces contrats aidés, on les retrouve dans les associations et la fonction publique, en particulier communale. Financés par l’Etat, ils permettent aux maires d’obtenir de la main-d’oeuvre pas chère, voire gratuite. Il semble donc logique de voir ces maires monter au créneau pour défendre leurs « acquis ». Oui mais…

Le clientélisme

Mais dans les faits, ces emplois sont souvent fictifs. Car on sait que les mairies réunionnaises tournent en sur-effectifs de 25% à 50%. Ce qui veut dire qu’elles pourraient très bien redéployer leurs travailleurs sur les services touchés par cette baisse des contrats aidés.

Alors pourquoi ne le font-elles pas ? Tout simplement parce que les contrats aidés sont un outil électoral. C’est-à-dire que lorsqu’une personne est recrutée ainsi, on lui demande de voter pour un candidat. On lui demande aussi de convaincre ses amis et sa famille de voter dans ce sens (puisqu’ils bénéficieront aussi indirectement de cette nouvelle paye). Et si cette personne n’est pas trop prise par son emploi souvent fictif, on lui demande de travailler pour le parti. Ainsi on retrouve régulièrement des employés communaux participer aux manifestations (pour crier et créer des troupes artificielles) et aux campagnes électorales (pour coller les affiches, faire peur aux électeurs et bien sûr voter).

Ces contrats que le gouvernement souhaite supprimer se comptent au nombre de 15 000. Chacun rapportant 3 autres voix, cela représente 60 000 voix. Soit 12,5% du corps électoral. Soit 25% des suffrages, puisque la moitié des inscrits s’abstiennent de voter. 25% suffit pour passer au 2nd tour.

Sans compter l’autre moitié des contrats aidés, les aides des CCAS distribuées à foison en campagne électorale et les achats de voix directement de la main à la main dans la rue et en liquide. Ce qui au final représente la quasi totalité des suffrages exprimés à la Réunion… et explique les scores de dictature des députés « élus » dès le 1er tour en juin dernier, malgré un grand nombre de candidats.

PCR/PS/MODEM/UMP : l’entente cordiale, l’alliance du vice

Vous comprenez donc mieux pourquoi quasiment tous les maires se sont unis dans cette fronde contre l’Etat. Qu’ils soient de Gauche, du Centre ou de Droite, ils y ont tous intérêt. Car tous se font élire ainsi. On peut alors en conclure que les partis politiques au pouvoir à la Réunion sont finalement tous sur la même longueur d’onde et pratiquent tous la même politique: aucune politique.

Dès lors, se pose la question de la légitimité de ces « élus ». Car en achetant toutes leurs voix avec de l’argent public (et avec de l’argent sale des entreprises qui récupéreront des millions d’€ de marchés publics après l’élection), ils ne représentent donc personne… Et s’ils ne représentent personne, toute contestation citoyenne de ce système soviétique devient légitime. A fortiori si cette contestation a des idées pour l’emploi et la démocratie. A bon entendeur. Comprendra qui pourra.

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